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Le blog des archives de la Gazette

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Pages 8 à 11 : le Conseil de Briznuk


 

CHAPITRE 1


Jour -1

Tout était rouge autour de moi. Un rouge effrayant, menaçant. Les gens, affolés, couraient tous dans une direction différente. Les cris résonnaient dans mes oreilles tels des flèches enflammées. Pourquoi enflammées d’ailleurs ? Elles pourraient être de simples flèches… Mais, comment ne pas penser au feu dans une situation pareille ?
Ces cris, ils semblaient venir de partout, et ils venaient de partout, et l’on entendait qu’eux par-dessus les grondements du volcan. Je courais, vers le sud-est pour ma part, en tentant d’éviter les huttes et les villageois affolés. Autour de moi, les pierres volcaniques s’écrasaient sur le sol, et parfois même sur les gens. En évitant les blessés, je continuai de courir, espérant m’éloigner des pierres et des coulées de lave. J’étais désormais loin de ma maison, si on peut appeler ainsi une petite cabane de bois. Comme un idiot, je me retournai pour savoir ce qu’elle était devenue. Je la vis, intacte, à quelques mètres du champ des coqs. J’en profitai pour jeter un œil au volcan, grondant et crachant simultanément de la lave et des pierres.
Je repris ma course, évitant les gens aussi pressés que moi – quoique je me demande si j’étais vraiment si pressé de quitter mon village natal – qui manquaient de me faire tomber à plusieurs reprises. Soudain, un coq chanta. Il y en aurait donc un étant assez calme pour pousser son cri comme au levé du soleil ? Quelques secondes après, il chanta de nouveau, ou plutôt cria, tellement ce son me paraissait déplaisant.

 

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Il cria donc de nouveau, puis une deuxième fois, puis une troisième. Tout était maintenant noir, comme si ce coq nous avait plongé dans la pénombre. Il cria encore. A part lui, je n’entendais plus rien…
Ce n’est finalement qu’au 7ème cri que je daignai ouvrir les yeux. Mais pourquoi donc un coq crie-t-il autant de fois ? On a tout de même compris qu’il faisait jour ! En grognant, je me levai de mon lit de paille – détrompez-vous, c’est très confortable une fois qu’on y est habitué. J’ouvris mes volets, qui donnaient droit sur ce champ maudit qui me sortait de mes rêves – ou cauchemars – tous les matins, à l’heure précise où l’on préférerait rester tranquille quelques heures de plus. Et oui, les coqs sont ponctuels, toujours à cette heure-là ! D’ailleurs, pour mon plus grand malheur, l’animal le plus ponctuel est Coqnier, comme je l’ai appelé en référence au mot « cogner », qui a la sale manie de crier une dizaine de fois en trois minutes chaque matin, et d’un cri encore plus horrible que les autres.
Je sortis de ma hutte, et comme d’habitude je me dirigeai vers la maison de pierre du forgeron. Un jour, j’espère bien remplacer ma petite demeure une pièce à peine meublée par une habitation de pierre, bien plus agréable à regarder. Bien sur, cela est réservé aux gens importants, mais qui sait, peut-être que demain je réaliserais un record à mon épreuve, et que cela me permettrait de me rendre un peu plus connu dans le village… Enfin, je rêve sûrement un peu trop, je ne suis même pas certain de la réussir, cette épreuve.
Je jetai un œil au volcan de Briznuk, qui n’avait pas, à mon souvenir, fait couler une seule goutte de lave depuis de nombreuses années, malgré mes rêves récurrents. Enfin, mon « souvenir » n’était pas forcément très fiable, étant donné que je n’avais que quinze ans – mais je devrais dire seize, même si nous n’étions pas encore le bon jour. Mais si il y avait eu une explosion de notre montagne de feu lors des cent dernières années, je devrais en savoir quelque chose, non ?

 

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J’arrivai chez le forgeron. Cela faisait maintenant plus d’un an que j’apprenais ce métier en voie de succéder à notre actuel fabriquant d’armes. J’ouvris la porte.
Etrangement, je n’entendis pas le bruit du marteau frapper les lames en entrant dans la pièce.
- Ah, bonjour Devi.
Mon maître d’arme se leva de son siége et s’avança vers moi, une épée à la main.
- Je pense que tu devrais te reposer, tu dois passer au conseil demain soir c’est bien cela ?
- C’est ça…
- Alors voilà ton épée, tu en auras besoin pour l’épreuve. Elle est désormais officiellement à toi.
En même temps que mon apprentissage de forgeron, j’apprenais aussi, comme tous les adolescents du village, à manier l’épée. Elle est obligatoire dans l’épreuve que l’on doit tous affronter, le jour de ses seize ans, à l’intérieur même du volcan où siège le Grand Conseil. Si l’on réussit l’épreuve, on reçoit un médaillon témoignant de notre courage et de notre pleine appartenance au village.
Je rentrai chez moi, tout en passant par le champ pour prendre un épouvantail qui servira à mon entraînement de dernière minute. Certes, ce n’est peut-être pas très gentil de voler une chose qui protège nos champs, mais je n’aurais qu’à le remettre en place le soir même, si tout de moins je réussis à le garder entier. Mais voilà que se pose LE problème : comment s’entraîner au maniement de l’épée sur un épouvantail sans le casser en deux ? J’y réfléchissais encore lorsque j’arrivai devant chez moi.
Collée à la porte, une lettre enroulée portant le sceau du Conseil de Briznuk. Cela ne me surprit guère, il ne devait s’agir que d’un rappel pour mon épreuve du lendemain. Je la détachai donc, et du bout de deux doigts de la main droite qui portait le morceau de bois surmonté d’un chapeau, je poussai la porte. Je jetai l’objet au fond de l’unique pièce de ma cabane et décachetai la lettre.

 

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« Cher Devi,
Suite à de nombreuses délibérations, le Conseil a décidé que votre entretien du 30 novembre n’aura pas lieu au Volcan, comme initialement prévu, mais sur l’île de Râmba, au sud d’ici. Un bateau vous attendra le matin même.
Veuillez emporter une épée et un arc, ainsi qu’un carquois rempli d’une dizaine de flèches. Votre épreuve sera conforme à la tradition de votre famille.
Le Conseil. »
Je relus la lettre plusieurs fois. Je m’attardai un peu plus sur la dernière phrase. Conforme à la tradition de ma famille…
Ma famille, je ne l’avais pas tellement connu. Entre un père disparu et une mère partie vivre à ZepiratesLand, il ne me restait plus qu’un grand-père qui ne m’avait jamais rien dit, peut-être à cause de son appartenance au Conseil…
L’épreuve aura lieu sur l’île de Râmba… En ayant déjà entendu parler, celle-ci n’a jamais été sauvage, malgré la jungle qui la recouvre, d’ailleurs pas très grande.
Dernier point de la lettre, l’arc. Les épreuves sont toutes sensées se pratiquer exclusivement à l’épée, je n’avais donc jamais appris à me servir d’un arc.
Je partis de chez moi, laissant là l’épouvantail, et retournai chez le forgeron pour lui demander un arc, et décidai de m’entraîner à l’utiliser lui, plutôt que l’épée, pour le reste de l’après-midi…

A Suivre...

Pikasacha <o:p></o:p>

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