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Le blog des archives de la Gazette

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Pages 18 à 21 : A vos risques en cuisine


Salut la volaille piratesque !

Je commence par m’présenter : Igor_tetdemor, cuistot de profession, à mi-chemin entre l’alchimiste et le vendeur de kebab du coin, spécialiste de faisandage de matière organique, fier de ses 2 étoiles et de sa tache de vomi dans tous les guides gastronomiques pour pirates qui se respectent (et qui me respectent), capitaine intérimaire d’un équipage de bras cassés et pigiste en herbe (aromatiques tant qu’à faire).

Loin de toute la culture que certains tentent de vous faire ingurgiter, on m’a demandé de vous présenter mes collections de moisissures. Enfin plus précisément, la manière si subtile dont je les utilise pour agrémenter mes plats. Il faut l’avouer, le succès de mes recettes ne repose pas vraiment sur les standards de l’art culinaire…
Je vous imagine déjà grimacer : c’est que je n’ai pas encore été assez crade ! Si tout se passe bien, vous devriez avoir la nausée dans les lignes qui arrivent.

Pour la première, on va faire des plats pas trop compliqués et non anthropophages pour faire propre. Pour 5 personnes :
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¤ L’entrée : pâté d’oursin avec sa salade de concombre de mer

Concassez un demi kilo d’oursins péchés dans le vieux port avec ce que vous pouvez et récupérez la chair. Réduisez à l’état de pulpe ce que vous aurez réussi à extraire des carapaces et ajoutez y 100 ml d’huile d’arachide, un piment de Cayenne finement tranché et quelques scolex de cestodes si vous en avez sous la main.
Mixez et compactez les divers résidus pour obtenir une sorte de terrine. Oubliez le tout à moins de 34°C dans un coin de votre cuisine pour une durée de 2 à 3 semaines.
Sortir vos pâtés du coin de votre cuisine une fois que l’aspect vous convient (l’apparition de traces orange après les verdâtres indiquent une bonne préparation) et disposez les concombres en rondelle autour de votre concoction comme il vous chante (s’il chante faux, le plat est raté).
Si vous ne pouvez pas vous procurer de concombres de mer, de simples concombres marinés 5 jours dans une eau saumâtre avec quelques antennes de LMP et 2 restes de sardines feront l’affaire.

¤ Le plat de résistance : Brandade d’éperlan à l’ancienne

Videz 2 ou 3 éperlans et gardez les abats pour une autre p’tite recette. Isolez les filets et gardez le reste pour la déco de votre plat, ça fait classe.
Faire chauffer 300 ml d’huile de palme et ajouter les filets préalablement réduits en miettes. Une fois l’huile totalement absorbée par la chair de poisson, crachez y un coup dedans : si ça bulle beaucoup, ajoutez de l’huile ; si ça se dissout rapidement passez à l’étape suivante.
Ajoutez 200 g de crème de lait de chèvre fermenté, homogénéisez le tout. Ajoutez de l’ail à outrance, quelques yeux de merlans fris et laissez reposer une bonne semaine au soleil par temps sec.

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¤ Le dessert : Flan au coulis de Roque-trop-fort

Faites bouillir 1 litre de lait préalablement volé à la crémière avec une branche de varech.
Pendant ce temps, mélangez 90 g de fécules de téocinte avec 150 g de sucre de canne et ajouter 4 oeufs de mouette bien battus. Mélangez le tout et ajouter le lait bouillant avec ou sans l’algue.
Faites cuire à feu doux sans cesser de remuer pendant 1 grosse minute. Disposez la mixture dans des moules (pas marinières hein ? Ou alors assez costaudes) et placer au fourneau à 200°C environ pour une bonne demi-heure.
Le coulis se fait à la dernière minute pour éviter de trop fortes conséquences sur l’écosystème à 500 mètres à la ronde. Sortez votre meilleur millésime du roi des fromages de votre cale (si vous avez piqué du 1978 c’est parfait), commettez le sacrilège d’écraser 200 g de cette merveille dans un bol dans lequel vous ajouterez 30 cl de rhum artisanal (et un coup pour vous au passage, ça fait plaisir) et une cuillère à café d’extrait de levure.
Mixez jusqu’à obtenir une substance relativement fluide. Nappez vos flans du coulis et dépêchez vous de servir avant que ça fonde !

Bon, ça à l’air dégueulasse, l’odeur est atroce, et vous risquez de choper la variole en restant trop longtemps exposer à ce genre de bouffe. Quel intérêt de concocter ce genre de plat me demanderez vous ? Pour trois bonnes raisons mes p’tits !

Tout d’abord, le prix : En tant que pirates toujours soucieux de la moindre économie, vous serez ravi d’apprendre qu’un repas complet à la mode igorienne ne dépasse pas les 3 drakos par tête !
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Ensuite, la maîtrise de cet art très particulier vous permettra, à condition d’être le cuisinier de votre équipage, d’obtenir rapidement la crainte voire même le respect (on peut toujours rêver) des autres marins partageant le même pont que vous. Un autre détail : mieux vaut avoir le capitaine dans ses faveurs, ou mieux être le capitaine, pour éviter de se faire virer en ayant ce genre d’initiative putride. Ouais je sais, ça fait pas mal de conditions, mais pour moi ça marche hé hé.

Dernière chose : Si vous pensez que ce genre de plats se limite à remplir des écuelles, vous vous méprenez grandement ! Pour chaque recette, je vous offre de quoi remplir (au moins pour un temps) des estomacs et en passant un conseil bricolage ou un vieux truc de ma mamie_tetdemor.

Par exemple ici, la brandade évoquée plus haut peut servir à colmater les brèches dans la coque de votre navire lors des combats en mer ! L’effet est plutôt extrême et aléatoire : soit très réussi, soit plus que douteux (pour ceux qui se demandaient comment je pouvais arriver à ne faire que des réparations au dessus de 50 ou en dessous de 30, vous avez la réponse… ). Le pâté d’oursin peut servir à cautériser des plaies et le flan avec son coulis est excellent pour favoriser la perte de tout système pileux en application locale.

Toutes ces recettes sont normalement protégées par des brevets à mon nom mais j’ai décidé dans un élan de bonté de les faire passer dans le domaine public… A consommer avec modération, déconseillé au mousse de moins de 7 ans (si c’est d’âge mental ça passe) et à la femme enceinte. Risques aiguës de complications digestives diverses pendant et après le repas. En cas de symptômes persistants, parlez en à votre rebouteux. Venez pas m’enquiquiner moi, je vous oblige pas à tester bande de moules univalvaires !


Igor_tetdemor<o:p></o:p>

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