Ce début dannée mavait réservé une chouette surprise : javais enfin atteint le grade tant convoité de VIP dor ! Cela navait pas été facile, mais quelle fierté après temps de marchandage, recherches et autres filouteries afin de terminer mes collections ! En rentrant au port, accompagnée de Slurp ma douce LMP, je passais devant la Taverne du Cheval Blanc et décidais de my arrêter afin de recevoir les félicitations de Tom. Je trouvais une taverne étrangement déserte. Même Myra nétait pas là. Après quelques investigations, je trouvais Tom à larrière dans sa cuisine et lui demandait des explications ! Il me dévisagea avec de grands yeux et me réprimanda !
Tom le Barman : Much ! Ca va pas toi ? Tu ne lis jamais les panneaux à lentrée !!! Enlève moi ta hallebarde tout de suite et range la derrière ce panneau, je te la rendrai quand tu partiras ! Mais timagines si un modérateur était entré alors que tu me cherchais ?
Je lui tendis mon arme et y ajoutait mon poignard pas sur de comprendre ce qui sétait passé. Ce quil mexpliqua en me préparant un bon grog et quelques tranches de haddock fumé. Il prépara aussi quelques pousses pour Slurp.
Tom : Notre empereur a fait passer une nouvelle loi. Pas bon pour le commerce ! En gros, les armes sont interdites dans tous les lieux de vente, car elles sont dangereuses et ont causé un trop grand nombre de morts ces derniers temps. Et si un commerçant ne fait pas respecter cette nouvelle loi, il est passible du gibet ! Bon je dis pas quelle durera mais dans le doute, jaimerai bien rester vivant encore quelques temps.
Décidemment, les fêtes avaient été une mauvaise période pour Tom et je comprenais maintenant pourquoi la taverne était vide : fou serait le pirate qui se séparerait de ses armes. Le troc de lîle allait encore connaître de beaux jours. Ceci nexpliquait par contre pas labsence de Myra. Où était donc passé cette petite écervelée ?
Les récits de Tom le Barman 2/4 sup - mod
Tom : A ça Gallinette, cest une autre histoire ! La Myra ma planté y a ptet ben deux jours. Partie avec un grand gaillard des mers du sud. Elle a mis les voiles dans la nuit en laissant un mot de 5 lignes et en vidant la caisse histoire de sassurer des économies. Si un de tes voyages te conduit à la rencontrer, tu lui feras régler son ardoise pour moi !
Pas bon pour la Myra ça. Ce genre de romance durait rarement longtemps et elle venait de se fâcher avec un des rares types honnêtes de larchipel. Qui serait peut être assez bon cur pour la reprendre une fois quelle aurait un polichinelle dans le tiroir mais qui la ferait trimer comme jamais alors que jusquà maintenant il lavait protégée comme une petite princesse.
Saramuch : Ma vieille me disait souvent quun marin, ça a une femme dans chaque port ! Pas finaude ta Myra. Au fait tas vu ça : je suis une VIP dor !
Tom : Ten vante pas trop petiote ! Ca pourrait tattirer des ennuis. La réussite ça aide pas à se faire apprécier des autres même si ça tapporte une cargaison de nouveaux compagnons fauchés
Ca me rappelle lhistoire du vieux Joe. Il se faisait appeler Lucky Joe mais ça lui a pas porté chance. Je lai connu quand il avait pas trois poils sur le torse. Un gamin endiablé, toujours à faire les 400 coups. Vers ses 16 ans, il a tué un notable lors dune rixe qui avait mal tourné. Pour éviter le gibet, il a décidé de se faire pirate et a embarqué sur un navire qui a bien voulu de lui.
Je souriais devant ce début de récit classique. Bon nombre dentre nous prenaient la mer pour éviter des ennuis avec la justice, histoire de mettre quelques milles entre nous et elle.
Tom : Et vla que 5 ans plus tard, il se pointe ici. Lavait tellement grandi que je lai pas reconnu sur le coup. Létait plutôt bien sapé alors je lui ai demandé comment allaient ses affaires. Le Joe avait commencé comme mousse et était désormais le capitaine du Ladybird.
Tom : Pas mal au bout de 5 ans. En plus, il revenait au port avec une cargaison remplies de soieries, fruits exotiques et armes sans parler de lor et des femmes. Parmi ceux quavaient connu le Joe quand il se baladait en guenilles à quémander dans le marché, ca a fait pas mal denvieux. Je sais pas quand ca a débuté, mais des rumeurs ont circulé sur lui. Que sa richesse lavait rien de naturel, que sa rouquine était trop belle pour être humaine, quon le voyait jamais au grand jour, et que cette chance même si on se faisait appeler Lucky Joe, ca avait rien de normal
Bref il a vite été entendu quil avait signé un pacte avec le diable et quil fallait se méfier de lhomme.
Saramuch : Ce que les gens vont pas inventer quand même. Et comment ça sest terminé cette histoire là.
Tom : Ben tu vois, son équipage le soutenait au début, mais bon y a pas plus superstitieux que vous autres les marins. Et vlà quau cours dun de ses voyages, une grosse tempête éclate et quà cause dune voie deau derrière le safran, le Joe perd une grosse partie de sa cargaison. Les hommes ont commencé à grogner bien que je connaisse aucun navire à qui ça ne soit pas arrivé. Le Joe a bien réussi à revendre le reste à un meilleur prix que jamais à cause dune pénurie sur lîle, mais le mal était fait. Chaque blessure dun marin, chaque canon enrayé devenait prétexte à des heures de discussions au fond de cale entre les hommes. Les hommes commençaient à se dire que le Diable récupérait sa dette sur eux et le fait que les affaires du Joe soient toujours plus florissantes nont pas aidé. Et puis y a eu la grande Epidémie, tu te rappelles, celle qui nous a touché y a deux ans.
Pour sur que je men rappelais. Javais perdu 3 marins à lépoque et les autres, moi y compris, nous avions du rester agonisants dans nos cabines pendant une semaine entière suppliant presque quon nous achève. Tom lui avait perdu sa femme à lépoque et je voyais à ses yeux embrumés quil lui était encore difficile den parler.
Tom : Une sale période. Enfin, le Joe lui a pas été touché ! Encore sa chance, mais ce fut celle de trop ! Après quun 3ème marin se soit éteint, les hommes ont pensé que la seule façon de se défaire de cette malédiction était de tuer Lucky Joe. Ca pas été beau à voir de ce que jai entendu
Ils ont organisé leur petite mutinerie, et lont fait passer par le supplice du passage sous la quille. Comme il y avait survécu après 5 passages, ils ont fini par le jeter tout de go aux requins ! Triste fin.
Saramuch : En effet ! Je comprends mieux ce que tu voulais me dire ! Et les autres membres déquipages, ils ont survécu à lEpidémie ?
Tom : Et ben, cest là le plus étrange ! Après la mort du Joe, tous les hommes se sont remis. Un de mes clients pensait même que Joe nétait pas maudit mais quil avait tellement de chance, quil avait absorbé celle des autres. On saura jamais, si tu veux mon avis, le fin mot de cette histoire.
Triste histoire en effet. Après quelques verres, jaidais Tom à fermer son bar. Avant de sortir, il me rendit mon arme tout en vérifiant que personne ne passait dans la ruelle. En rentrant à mon navire, je croisais BoucheDorée visiblement éméchée et ravie ! Elle mexpliqua quelle pouvait enfin aller dans les bars sans risquer de se faire attaquer à tout bout de champ. Comme quoi cette loi faisait au moins une heureuse !
Saramuch